Ode à la plus grande entrée de la lutte : Judas in my mind

par Golden pogo

(Merci au maître des arcanes, le baron de la sauce VH, pour l’accès aux archives.)

Judas is my mind : La plus grande entrée de la lutte

Ça fait déjà un certain temps que je jongle avec l’idée d’écrire à propos de Judas, la chanson thème de Chris Jericho. Il aura fallu que la foule revienne dans les stades pour que je prenne le temps d’écrire cette ode à ce qui à mes yeux aura su devenir la plus grande entrée de la lutte actuelle et qui aura su prendre sa place dans le top trois des meilleures entrées de la lutte “ever”.

Mise en contexte rapide

Chris Jericho est chanteur dans un groupe de rock du nom de Fozzy. Il utilise un de leur morceau comme chanson thème pendant son entrée vers le ring. Pendant la pandémie, en réponse aux auditoriums vides, les fédérations cherchent des solutions pour combler le silence abyssal qui rend l’expérience de lutte, avouons-le, plutôt terne. Certaines organisations optent pour la foule en canne et les applaudissements pré enregistré, d’autres préfèrent impliquer leur ‘’rosters’’ dans les captations télévisées. Ils mobilisent leurs lutteurs afin de créer une petite foule compacte, motivée et engagée dans le spectacle, pour créer une ambiance qui s’avère primordiale pour éviter le malaise du silence.

Les bijoux de la pandémie

Malgré les critiques virulentes que nous pourrions avoir sur le sujet, je préfère noter que plusieurs petits bijoux sont nés des impacts de la Covid sur le ‘’sports entertainment’’. Pensons à la communication entre Bailey et Micheal Cole qui n’aurait pas pu avoir autant de place avec une foule de milliers de personnes hurlant à qui mieux mieux ou encore au Thunder Dome, en soi, qui est un coup de pur génie et reste magnifique au niveau du set-up technique. Mais bon, je m’écarte, revenons à Jericho.

Une tradition est née

C’est donc dans ce contexte qu’allait naître une tradition comme tant d’autres dans notre univers préféré. Je ne me rappelle plus exactement où et quand le tout s’est produit. Comme toutes les traditions, sa genèse exacte reste un peu nébuleuse.  Je me souviens d’une foule sur le bateau de croisière, mais surtout du moment où Sami Guevara, pour ne pas le nommer, se met à chanter la chanson Judas in my mind’ alors qu’il s’avance vers le ring aux côtés de Jéricho. Sa voix inécoutable massacrera le thème sans aucune pitié, mais cette cacophonie sèmera la graine d’un mouvement qui prendra rapidement de l’ampleur et se transformera en véritable raz de marée.

Alors que Guevara continue à chanter les semaines suivantes, les collègues qui composent la foule se met à l’accompagner et l’enterre bientôt complètement. La tradition est née : la chanson thème de Chris Jericho allait désormais être chantée par la foule. Il y a quelques semaines, quand Jericho est arrivé dans une salle comble, l’impact était puissant. Le volume du chant était off the chart et je peux vous garantir que tout le monde chantait dans le stade ! L’émotion était palpable, ‘’les gros messieurs musclés’’ avaient les larmes aux yeux et soyons francs, nous aussi. C’est ce qui rend cette entrée grandiose. L’émotion qu’elle dégage, le lien privilégié entre la foule et les lutteurs qu’elle crée, les frissons qu’elle nous fait ressentir.

De l’émotion !

Afin de comprendre pourquoi j’avais les larmes aux yeux, je suis allé écouter quelques entrées récentes de Jericho. Ça m’a rapidement frappé à quel point Jericho à toujours l’air ému quand il entend ses collègues ou les fans chanter ‘’sa toune’’. C’est sa toune. C’est lui qui l’a écrite, c’est son ‘’band’’ qui la joue. Qu’on aime ou non Fozzy n’a aucune importance, il est certain que le lien est spécial pour Jericho alors que des centaines (des milliers ?) de personnes chantent ‘’sa’’ chanson, ‘’pour’’ lui. On le sent rapidement ému, on le sent reconnaissant, oserais-je dire vulnérable ?

La lutte “avec pas de foule”

C’est certain que pour les lutteurs, le manque de foule à été difficile à encaisser. On le sentait surtout au début : il y avait un malaise tangible, pendant les matchs, pendant les promos, mais surtout pendant les entrées. Rien de plus malaisant que Sasha Banks qui fait la moue à un auditorium vide ou que Jeff Hardy qui brasse des bras en faisant semblant de ‘’gronké’’ une foule imaginaire. Par contre pendant l’entrée de Jéricho il y avait encore un certain lien avec la foule.

Aussi petit fût-il, ce lien maintenait en vie le cordon qui, au final, est l’essence même de la lutte : l’énergie de la foule. Au final la lutte c’est des débiles qui font des affaires impressionnantes pour une foule en délire ! Les lutteuses et lutteurs sont unanimes dans toutes les entrevues que j’ai pu écouter :  ils carburent à la réaction de la foule. Sans carburant, la job devait être pas mal moins intéressante, loin de la famille, loin de tout, sans même avoir ta dose de dopamine qui, au final, doit souvent être une des raisons premières pour laquelle les athlètes continuent. Ça et la sécurité financière mettons…

Judas in my mind !

Le chant de ‘’judas in my mind’’ était un peu comme le dernier monument de ce lien sacré entre les lutteurs et leur foule et on pouvait ressentir à quel point c’était important pour Jericho. On voit rapidement sur les archives qu’il ressent une réelle émotion en entendant ‘’ses’’ paroles chantées par ses pairs et par la foule. Cette émotion était contagieuse pendant la pandémie et à su venir nous rejoindre à travers nos écrans. C’est peut-être bête, mais honnêtement, c’est une des choses qui me faisait revenir semaine après semaine pour écouter l’émission. Juste pour entendre une foule gueuler et voir Jericho sourire de contentement.

Crier à la lutte (un besoin essentiel)

Parce qu’on va se le dire, le criage, ça fait partie intégrale de la lutte. Pis en plus, c’est vraiment le fun de crier avec plein d’autre monde ! Qui est capable de résister à un ‘’you suck’’ pendant la toune de Kurt Angle ou encore à un ‘’John Cena sucks’’ lorsque l’homme invisible fait son apparition. Même de chez moi je crie ‘’JOE JOE JOE JOE’’ quand Samoa Joe prend le plancher! Un Woooooo bien placé au début de la chanson de Ric Flair ou les lalala de Sami Zayn, ça fait du bien ! Le burn it down, avant l’arrivée de Rollins, le yes chant de Brian, les exemples sont nombreux.

Une chose est claire, le monde aime ça crier ensemble. Tous les profils d’auditeurs sont impliqués ensemble, dans le fait de participer au show en chantant. À part le discours des News age outlaws et de DX pendant l’attitude era, il n’est pratiquement jamais arrivé que la foule chante littéralement la toune d’entrée du lutteur au complet. À la base ce moment est du pur génie et se doit d’être reconnu, mais c’est dans le contexte pandémique qu’il prend toute sa profondeur. 

Merci Chris Jericho !

La NXT aura su tirer son épingle du jeu avec le tapage dans les baies vitrées pour mettre un peu d’ambiance. Je crois que nous nous devons de lever notre chapeau à la AEW qui a su réagir rapidement afin de maintenir le lien vital avec un semblant de public. Non ça n’a pas été parfait et l’équipe de Tony Khan ce doit d’améliorer leur production télévisée par respect pour le public. Mais il ont su garder l’étincelle allumée. Ils ont su  protéger la flamme sacrée. 

Les olympiques ont leur porteur de torche et bien je crois que Jericho mériterait le titre de ‘’torch bearer’’. Par son esprit créatif, sa persévérance et son respect pour les fans, il aura à jamais toute mon admiration. 

Merci Chris !

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Famille, lutte et baladodiffusion.

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