Umaga | Le cahier des charges de la lutte

Umaga (2006-2009)

Bienvenue au cahier des charges de la lutte avec l’Architecte, le concept est bien simple, je prends une gimmick, un titre, ou n’importe quel autre sujet de la lutte qui est mort comme par exemple le titre WWE Hardcore, la version WWE de la ECW ou une gimmick du passé et j’en fais un article en 7 points distincts.

  • 1- La fondation : qui se veut les origines du sujet choisi.
  • 2- La construction : comment le « build-up » se fait.
  • 3- La charpente : ce qui se bâtit après le « build-up ».
  • 4- La finition : qui est le moment définitif.
  • 5- La démolition : le moment où la chaine débarque.
  • 6- Le ramassage : Qu’arrive-t-il après la démolition.
  • 7- Le post-mortem du projet : ce qui se veut un retour sur ce qui aurait pu être mieux fait et mieux comprendre les erreurs commises.
  • Bonus : Les 5 revêtements, 5 suggestions vidéo sur le sujet du Cahier des charges.

 

1. Fondation

C’est qui Umaga ? Umaga était un sauvage venant des îles Samoa (oui je sais, semblerais que pour Vince un homme venant des îles Samoa est automatiquement un sauvage). Umaga suit la longue lignée de monstres à la base indestructible de la WWE tels que Kamala, Yokozuna et Kane pour ne nommer que ceux-ci. Physiquement, Umaga arborait un maquillage tribal sur son visage, plusieurs tatouages Samoa sur le corps, dont un en hommage a son cousin Yokozuna sur le poignet (définitivement les Samoa sont tous reliées à la WWE).

Il était aussi coiffé d’une coupe de cheveux à la Coolio (à vous de voir si cela mérite une contravention de style). En résumé voici la fondation de ce qu’était Umaga, un monstre Samoa cliché de 350 lbs (des grosses épaules) et de 6 pieds et 4 pouces surnommés le « Samoan Bulldozer ». Il ne savait pas parler anglais et avait comme manager un certain Armando Alejandro Estrada (un Palestinien de Chicago qui joue un Cubain pour manager un Samoa, OK…?). Aussi si vous vous demandez ce que veut dire Umaga, et bien c’est simplement la dernière phase du processus de tatouage Samoa qui est aussi celle qui est plus douloureuse. Maintenant que nous avons la fondation de ce qu’était Umaga dirigeons-nous vers sa construction.

2. Construction

Comment Umaga a été construit ? Son histoire a commencé le fameux Raw d’après Wrestlemania 22, Ric Flair venait de combattre la veille dans la 2e édition du match Money in the Bank et nous sort une promo « Face » remplie de cliché. C’est à ce moment que la WWE nous présente le gérant d’Umaga, Armando Alejandro Estrada (aucun lien que je sache avec Marko), une version Wish et Cubaine de ce qu’un enfant entre Ted Dibiase et Vickie Guerrero aurait donné. Je ne perdrais pas beaucoup de temps sur Armando, il était un manager classique, stéréotypé cubain à mort, il était le seul qui pouvait contrôler Umaga et était le micro qui amenait le « Heat » à Umaga. Son point fort ?

Il parlait un anglais cassé et très irritant pour l’oreille humaine… Bref Umaga arrive et détruit Flair. Pour l’instant c’est un début efficace, démolir une légende bien-aimée du public c’est toujours gagnant. S’en suivent de quelques rivalités mineures contre Flair, des lutteurs locaux et le pas si légendaire Eugene qui se terminent tous en squash (pour un résumer du combat contre Eugene, je vous réfère l’épisode du 14 Avril 2020 de C’est Juste de la Lutte, review de Vengeance 2006). Lors du printemps et de l’été qui suit ses débuts il bat les « grands » de RAW comme John Cena, HHH et Shawn Michael pour donner de la crédibilité à la série sans défaite d’Umaga et il est même choisi comme enforcer pour la famille McMahon en rivalité avec DX à ce moment, mais il est privé de cette chance pour partir dans une rivalité qui va l’amener à un autre niveau (ce n’est que partie remise pour Umaga et les McMahon). Ensuite, comment solidifier un monstre ?

Le faire battre un autre monstre. Umaga sort gagnant d’une rivalité de gros monsieur quand même divertissante avec Kane l’envoyant à Smackdown après un « Loser leave RAW » ce qui a encore donné « Heat » à Umaga en sortant un personnage bien-aimé de RAW. Maintenant que Umaga est construit comme le monstre officiel de RAW, nous pouvons sortir nos scie et marteau pour travailler la charpente.

3. Charpente

Qu’avons-nous devant nous ? Un monstre légitime qui a battu de gros noms et n’a jamais perdu depuis ses débuts à RAW. Comment pouvons-nous le solidifier encore plus ? L’envoyer contre monsieur WWE lui-même, John Cena. En 2006, Cena était le visage de la compagnie, monsieur n’abandonne jamais, monsieur « Hustle Loyalty and Respect » et aussi le champion avec la légendaire « Spinner Belt ». Umaga se retrouve « pogné » en bon québécois dans une rivalité entre Kevin Federline (ahh misère…) et Cena où il finira par aider l’ex de Britney Spears a vaincre Cena.

Ce qui va le propulser à son 1er match pour le titre WWE a New Year’s Revolution. Pas de titre intercontinental avant, direct le titre principal. Dans les RAW menant à ce match on joue les cartes classiques du Heel qui attaque le Face en arrière-scène, détruire Cena qui n’abandonne jamais, les gros brawls et les matchs handicap à l’avantage du Heel ce que Umaga n’avait pas besoin, mais bon c’est John Cena l’autre côté. De la façon dont Umaga a été construit jusqu’ici on peut croire à ses chances de battre Cena et de gagner son 1er titre au 1er PPV de l’année 2007. Avec la belle grosse charpente montée d’Umaga nous pouvons passer à la finition.

4. Finition

En gros une gimmick de monstre finit toujours par arriver la croisée des chemins au moment du 1er match de championnat, va-t-on finir le mur en préfini style année 70 ou avec du gypse, de la belle peinture et de belles moulures. Pour Umaga on a choisi l’option C, on a commandé le stock pour faire la belle finition, mais la WWE à laisser le mur sur le rough. Umaga domine Cena lors du match de championnat mentionné ci-haut, mais Cena sort un roll-up (comme quoi ce n’est pas nouveau) et donne la 1re vraie défaite à Umaga. De là on joue la carte du « Fluke » pour forcer le fier et fou (celons ses dires) John Cena a accepté un match « Last man standing » au Royal Rumble de 2007.

Encore un match dominé en partit par le monstre Heel, John Cena n’utilise pas une tonne d’armes pour le vaincre, principalement les escaliers d’acier du ring. Cena va devoir l’étrangler avec la prise du STFU et le câble de la 3e corde autour du cou. Il n’en sort pas nécessairement faible, mais reste que 2 défaites de suite fait mal à un monstre que du bâti depuis plusieurs mois surtout que la 2e vient dans un match gimmick qui aurait dû être à son avantage. Maintenant que nous avons retourné les beaux matériaux commandés au magasin (lire ici ne pas donner le titre à ton monstre que tu as créé) comment allons-nous finir la job ? Je vous laisse deviner, ça ne passerait pas à Canal Vie…

5. Démolition

C’est ici que la chute vers le milieu de carte commence pour Umaga. Quand je disais que nous allions revenir au McMahon, c’est maintenant. Un beau cadeau empoisonné pour notre Bulldozer Samoa, car moins d’un mois après la 2e défaite contre Cena, Vince choisit Umaga ayant encore une aura de monstre comme « champion » dans sa guerre des milliardaires avec le futur président américain Donald Trump (vous pouvez prendre 30 secondes pour huer). Oui la rivalité est vue comme quelque chose de majeur à la WWE et dans plusieurs médias américains.

Dans ce temps-là, Trump n’était seulement qu’une vidange de personnalité publique avec une drôle de coupe de cheveux, mais qui y a-t-il de pire que cela ? Vince McMahon… grâce à son alliance avec Vince il gagne son 1er titre a la WWE, le championnat intercontinental, pour quoi je mets cela dans sa chute ? Bien, il l’a perdu peu de temps après Wrestlemania 23 (contre Santino Marella) et de plus, il perd contre Bobby Lashley le représentant de Trump.

Après Wrestlemania s’ensuit d’une rivalité épouvantable entre le trio Umaga, Shane et Vince McMahon contre Bobby Lashley pour le titre ECW. Umaga est devenu le monstre qui perd. C’est un peu comme quand ta mère disait « n’attends pas que ton père revienne du travail » et que finalement quand il revenait de la job il jouait à No Mercy avec toi au N64. Pas très crédible la menace. Une belle job de démolition pour le Samoan Bulldozer… quelle ironie.

 

6. Après

Une fois le chantier est terminé, il ne reste pas grand-chose de crédible chez Umaga, il perd la majorité de ses rivalités contre Jeff Hardy, HHH, Batista et sa dernière contre CM Punk. On essaie de nous faire croire qu’il est menaçant, mais l’effet n’y est plus. On dit souvent que AEW sont les experts des pétards mouillés, bien Umaga était le pétard mouillé des Heels. Ils étaient tous fiers de l’annoncer comme partenaire sur un ton menaçant, pour finalement perde contre les Faces qui s’en foutaient royalement du Samoa. La WWE a essayé de sauver les meubles en l’envoyant a Smackdown, en le séparant de son manager et en l’envoyant contre des Faces aimé du public, mais il était trop tard. Malgré qu’il reste utile dans son rôle, d’autres monstres ont pris la place qu’il aurait dû avoir et Umaga (Edward Fatu) est congédié en juin 2009. 

7. Post-mortem

 Où la WWE a-t-elle échoué avec Umaga ? Débutons avec son échec contre John Cena, il aurait dû gagner le titre même pour un court règne, un peu comme Sheamus quand il a battu Cena lors de ses débuts pour le titre WWE. Il aurait été un rare Heel à battre le top face en 2006.

Ensuite, son association avec Vince, il est devenu de la chair à canon pour Bobby Lashley. Oui cette association lui a donné un titre et le fameux moment OMG ou Lashley fonce dans la cage pour lui tomber dessus, mais reste qu’ensuite il est devenu la « punition » qu’un Heel ou le GM du moment envoyait perdre contre le face courageux. Umaga avait tout pour être un heel dominant à long terme, mais la WWE a fait l’erreur la plus WWE possible en 2006, prioriser John Cena. Umaga s’en sort avec 2 titres Intercontinental et quelque bon match.

 8. Conclusion

En conclusion, Umaga était un beau projet sorti tout droit des années 90 qui fonctionnait encore en 2006, mais des erreurs de chantier majeures lui ont couté une belle carrière de Heel dominant a la WWE. Comme quoi être lié à The Rock et la légendaire famille Samoa de la WWE ne garantit pas le succès et un emploi à vie… je dis ça, je ne dis rien Nia Jax…

Les débuts

Un des meilleurs matchs d’Umaga :

Santino Vs Umaga

The Rock & Umaga

 

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Famille, lutte et baladodiffusion.